1. Un territoire où la tech rencontre les nouveaux médias : les grandes familles d’acteurs
Parler de “tech et nouveaux médias” à l’échelle de Neuilly-sur-Seine, ce n’est pas dresser une liste d’entreprises. C’est comprendre les familles d’activités qui structurent le secteur. On peut les regrouper en plusieurs catégories utiles, qui permettent de lire rapidement les rôles, les interactions et les opportunités.
Première catégorie : les outils de production et de création. Ici, on parle de solutions qui accélèrent la fabrication de contenus et de formats : montage, habillage, motion design, templates, automatisation de production, gestion d’assets, workflows, collaboration. Le mouvement de fond, c’est la standardisation des chaînes de production et la capacité à produire plus, plus vite, avec un niveau de qualité constant. L’intelligence artificielle s’y insère déjà de manière pratique : dérushage, sous-titrage, adaptation multi-formats, extraction de moments clés, génération d’éléments graphiques, traduction, contrôle qualité. La question n’est plus “est-ce que l’IA peut aider ?”, mais “où se situe le gain réel et quel est l’impact sur les coûts et les délais ?”.
Deuxième catégorie : la distribution et la visibilité. Les nouveaux médias sont dominés par des logiques d’algorithmes, de plateformes et d’attention. Les entreprises se battent sur la découvrabilité : référencement, recommandation, social distribution, newsletters, canaux propriétaires, optimisation des contenus selon les plateformes. Cela crée un marché pour des outils de pilotage, d’analytics, de publication et de gestion multi-canale. Le point crucial : la distribution n’est pas seulement une question de marketing. C’est une question produit. Un format se conçoit en fonction de sa diffusion, sinon il sous-performe.
Troisième catégorie : la data, la mesure et la performance. Dans les médias comme dans le contenu de marque, on est passé d’une culture de l’audience brute à une culture de la valeur. Les indicateurs montent en sophistication : rétention, conversion, LTV, CAC, segmentation, attribution, cohorte, contribution. Les entreprises qui s’en sortent ne sont pas celles qui “font beaucoup”, mais celles qui mesurent correctement et optimisent. À l’échelle locale, cela se traduit par des besoins très concrets : mise en conformité RGPD, gouvernance des données, instrumentation, dashboards, automatisation des reportings, tests A/B, modélisations. C’est moins spectaculaire que les nouveaux formats, mais c’est souvent là que se crée l’avantage compétitif.
Quatrième catégorie : monétisation et modèles économiques. Les médias et créateurs ne vivent pas d’une seule source. Publicité, sponsoring, affiliation, abonnement, contenu payant, événements, produits dérivés, services B2B… Tout cela exige des briques techniques : paywall, CRM, gestion d’abonnés, billing, mesure, brand safety, ad tech, marketplaces. Les entreprises innovantes qui se positionnent sur ces enjeux s’inscrivent dans un besoin fort : sécuriser des revenus prévisibles et limiter la dépendance à un canal unique.
Cinquième catégorie : conformité, sécurité, réputation et risques. Plus un contenu circule vite, plus la gestion des risques devient centrale : droits, musique, images, marques, désinformation, deepfakes, modération, cybersécurité, protection des comptes, sécurité des données. Les nouveaux médias ne peuvent pas ignorer ces sujets : ils influencent directement la capacité à publier, monétiser et travailler avec des partenaires. Sur ce terrain, la tech n’est pas un “plus”. C’est une condition de continuité.
Ces catégories ne sont pas théoriques : elles servent à comprendre pourquoi certaines entreprises locales prospèrent, pourquoi d’autres peinent, et comment se construit la valeur. Dans les articles du blog, nous reviendrons sur ces familles, sur les signaux faibles qui comptent, et sur les choix structurants qui transforment les métiers.